NOM ACTUEL : r. du Maréchal-Leclerc
 

 QUARTIER : Alsace Pont-Fouchard
   

 

 Il est difficile d'imaginer que cette voie importante est une levée de création récente et que pendant longtemps elle n'a existé qu'en pointillé sur les plans. Elle est esquissée dans le projet de traversée rectiligne dessiné par de Voglie en 1753, mais elle n'a pas de nom.
 Quand le nouveau pont Fouchard est achevé en 1784 elle prend tout naturellement le titre de " rue Neuve du Pont-Fouchard ", puis " du Pont-Marat " sous la Révolution, mais elle se réduit à un alignement de hauts piquets surmontés par des oriflammes, quand elle est présentée à Napoléon en 1808. Sur le cadastre de 1812, son tracé est encore hésitant, et aucune maison ne la borde. Vers 1830, l'architecte voyer Giraud, qui a épousé une demoiselle Maupassant, y bâtit une première demeure dans une zone encore rurale. Baptisée " les Folies Giraud ", la maison de campagne est aujourd'hui la Chambre de Commerce et d'Industrie. Un premier pâté de maisons naît dans ce quartier au milieu du siècle.
 Quant à la voie, elle est habituellement nommée " l'avenue du Pont-Fouchard ", même après 1838, où son nom officiel devient " la rue de Bordeaux ", en raison de sa direction.
 En 1948, après la mort accidentelle de Leclerc, elle reçoit le nom du général ( puis du maréchal en 1952 ), qui avait été instructeur à l'Ecole de cavalerie en 1933-1934.

 Surélevée d'un étage par rapport aux prairies environnantes, cette artère de prestige présente un intéressant répertoire de belles demeures bourgeoises édifiées sur trois quarts de siècle.


N° actuel

CURIOSITÉS

Hôtel Louver Mayaud, façade sur la rue
1- Hôtel Louvet Mayaud. Construit par l'architecte nantais Armand Guillemet vers 1838-1840, en avant d'un immense parc marécageux. Le médecin Désiré Toché, fils d'un chirurgien en chef de l'hôpital, partage cette belle résidence avec son beau-frère, Charles Louvet, qui devient maire, député et ministre et qui, par l'intermédiaire de sa fille, Louise-Honorine, la transmet à la famille Mayaud.

 Cette demeure familiale reçoit un visiteur célèbre : lorsque Louis-Napoléon Bonaparte, alors Prince-Président, vient inaugurer la voie ferrée de Paris à Angers, il s'arrête à Saumur et passe la nuit du 31 juillet au 1er août 1849 dans la maison du maire.

 La façade sur la rue se veut solennelle, surélevée et précédée par un portique d'un rigoureux style toscan. Ces proportions ont été reprises un peu plus tard dans l'Hôtel du Commandement.

Hôtel Loiuvet Mayaud, façade sur le jardin

 Côté jardin, la façade est plus simple, sans grand relief, animée par de simples pilastres et caractérisée par des lignes horizontales.

Détail de la décoration, façade est

Tout autour de l'édifice, les baies et les bandeaux sont décorés dans le style familier aux tailleurs de pierre saumurois.

 

 En 1940, l'hôtel est réquisitionné par la FeldGendarmerie. A la suite des vagues d'arrestation de résistants en septembre-octobre 1943, des scènes de sauvagerie s'y déroulent ( plaque commémorative sur le mur).

 


rue du Maréchal-Leclerc, n° 4

4 - Balcon et décors qui réapparaissent sur de nombreuses maisons de la ville. Le bandeau portant des bandes de vagues, déjà observé en face, s'inspire du parapet du pont Cessart.

 Cet immeuble a servi un temps d'Hôtel des Postes ( selon les souvenirs de Prosper Bigeard ).

 

 

 

rue du Maréchal-Leclerc, C.C.I. et n° 13Coq provenant du marché de la place Saint-Pierre

 

 

 

 

 

 

 

11 et 13 - La C.C.I., primitivement " Folies Giraud ", construite en retrait, a été profondément retouchée. Un nouveau portail et le balcon sont ajoutés en 1933 et 1935.
 Elle accueille aussi le fier coq gaulois qui surmontait les halles couvertes de la place Saint-Pierre.

 Le n° 13, à droite, avec ses grecques, est caractéristique de la fin du XIXe siècle.

14 - Joseph-Toussaint Le Roch, premier grand photographe de la ville, installe son atelier à ce numéro en 1862.

rue de Bordeaux, vers 1920

 La carte postale ci-dessus, éditée par Rouillard, a circulé en 1920. Le cliché est pris à la hauteur des numéros 15 et 46, en direction du pont Fouchard. A part la circulation hippomobile, les pavés et les rails du tramway, peu de choses ont changé dans les immeubles. La partie gauche est restée identique ; à droite, la petite boutique est devenue un cabinet de géomètre-expert. C'est la seule transformation.

29 - Maison de facture modern style par V.-P. Brunel, 1913rue du Maréchal-leclerc, n° 29. Terres cuites par Maurice Legendre

 

 

 

 


 


 

A l'étage attique, des plaques en terre cuite ont été moulées en série par Maurice Legendre. Elles célèbrent la vigne et Bacchus, car le commanditaire était marchand de vin et distillateur ( nommé Bloudeau, je crois ).

rue du Maréchal-Leclerc, n° 41

 

41 - Du numéro 37 au numéro 45, un ensemble résulte d'un programme concerté présentant des rez-de-chaussée homogènes : base en grès, une seule assise de pierre de Champigny, pilastres et entablements plats. Les étages supérieurs comportent des variantes, celui-ci, en style néo-renaissant, est l'un des plus élégants.
 Cet ensemble peut remonter au milieu du XIXe siècle et ne comporte pas de balcon, fait assez rare dans cette rue.

 

 

rue du Maréchal-Leclerc, n° 61

 

61 - Architecte : Jules Dussauze, entrepreneur : Chanard-Boulard, 1910.

Modern style très fleuri, aux arcatures un peu tarabiscotées, en particulier autour de la baie donnant sur le balcon.

Porte d'entrée surmontée par un pignon élancé, couronné par un épi de faîtage.

 

 

 

rue du Maréchal-Leclerc, n° 63

 

 

63 - Maison Rauch. Baies surmontées de figures féminines réalisées en 1914 par Alfred Benon ( sculpteur né à Saumur en 1887 ). Evocation de trois continents : au milieu, l'Europe émerge de la vigne ; à gauche, l'Afrique est entourée de cocotiers et de noix de coco ; à droite, une Amérique vaguement indienne offre des cabosses de cacao.

 

 

77 - Maison habitée par Robert Amy, maire.

rue du Maréchal-Leclerc, N° 84 et 86

 

84 et 86 - Vers l'extrémité de la rue, les constructions sont en général postérieures à 1900. Ces maisons jumelées ont été signées par V.-P. Brunel en 1908. Les lignes et les balcons appartiennent au modern style, mais le décor est parcimonieux et l'introduction de quelques chaînes de briques rompt avec la tradition locale.

 

rue du Maréchal-Leclerc, n° 88

 

 

88 - Construction très originale de 1935, inspirée par les villas romaines. Structure de béton posée par l'entreprise Bellati ; décor de briques et de moellons. A l'intérieur, les pièces sont distribuées autour d'un vaste hall central.

 

 

- Au débouché de l'actuel boulevard Delessert était implanté le bureau central de l'octroi. Voir photo.

Extrémité de la rue de Bordeaux Sur ce gros plan de médiocre qualité, on voit un ensemble de maisons détruites pour l'aménagement des boulevards Delessert et Louis-Renault. A gauche, quelques arbres marquent le départ de la levée de défense, puis, au-dessus de la culée du pont Fouchard, deux pavillons du début du XIXe siècle, côté gauche, le bureau central de l'octroi, côté droit, et défiguré par une publicité, un pavillon symétrique affecté aux Ponts et Chaussées.


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