NOM ACTUEL : r. de la Maremaillette
 

 QUARTIER : Alsace Pont-Fouchard
   

  Nul toponyme local n'est mieux expliqué que celui-ci, en dépit d'inventions fantaisistes. Il résulte de la classique association d'un lieu avec un nom de famille.
 La mare apparaît sur plusieurs plans anciens ; il s'agit en réalité d'une longue et étroite pièce d'eau servant de déversoir aux douves et aux égouts de la ville ; partant de l'actuelle place Dupetit-Thouars, un fossé tortueux alimente en eau ce bourbier stagnant, qui se situe à l'emplacement actuel de la résidence Gambetta et de la place de l'Europe. Il a été asséché, dans les années 1846-1851, par la construction d'un aqueduc maçonné, l'égout de la Maremaillette, qui rejoignait le Thouet.
 La famille Maillet apparaît au XVe siècle dans des aveux rendus à la châtellenie de Saint-Florent. Jehan Maillet est un grand propriétaire cité en 1445 ( A.D.M.L., H 2 906 ) et en 1447. Baudoin Maillet possède des biens importants auprès de cette mare en 1465 ( A.D.M.L., H 2 908 ). Il est hors de doute que " la mare [ de la famille ] Maillet " constitue la bonne explication.
 Il n'y a pas que la mare à porter ce nom ; non loin, à l'emplacement actuel du carrefour entre les rues Gambetta et Colbert, se trouve une grosse ferme, formée de plusieurs bâtiments, comportant pressoir, ouche et prés enclos de fossés. Je suppose, sans preuve écrite formelle, qu'elle a appartenu aux Maillet. En tout cas, le 5 août 1699, la "Maremaillet" et ses dépendances sont achetées par René Couléon pour le montant élevé de 2 410 livres ( A.D.M.L., H 2 940 ). Dans la prononciation à l'angevine, la consonne finale est redoublée, si bien que la forme " Maremaillette " est écrite en 1710.
 Les dépendances de ce vaste domaine recouvrent tout le quartier et s'étendent jusqu'au Thouet. En 1812, un embryon de voirie s'y implante, mais le " cul-de-sac de la Mare-Maillette " est alors l'actuelle rue de la Manutention, la seule à rejoindre la ferme encore très isolée sur un terrain marécageux.
 Sur cet extrait du plan cadastral de 1812, orienté vers le N.E., sont portés les bâtiments de la ferme, le réseau des fossés venant des douves de l'enceinte, la « Mare Maillet » proprement dite, qui s'étire en direction du rond-point Maupassant, et, dans le coin en bas, à droite, la levée d'enceinte, actuelle rue d'Alsace, encore très étroite.

Cadastre, édition des ADML

 Devenu propriétaire de la partie ouest du Grand Jardin par achat à la famille Bonnemère, le négociant et banquier Nicolas Huard-Lambert divise son bien en 13 lots qu'il vend entre 1825 et 1845. L'ancien maire Charles-Thibault Persac acqiert deux parcelles, afin de se faire construire une belle résidence ( A.D.M.L., 31 J 474 ). Des constructions aux formes variées se multiplient aussitôt. Deux étroites voies privées se raccordant à angle droit desservent le nouveau lotissement. En 1845, Huard-Lambert les rétrocède à la ville. Ainsi naît une nouvelle " rue de la Maremaillette " comprenant toujours la rue de la Manutention. Son allure en forme de "pi" grec est étrange et son titre de rue est pompeux, car sa partie centrale, qui coupe la rue Gambetta en projet, n'est aménagée que trente ans plus tard.

 [ Anne BONDON, Le quartier de la Maremaillette à Saumur ( 1770-1914 ). Analyse d'un processus d'urbanisation, maîtrise d'histoire de l'Art, Tours, 1999-2000, 2 vol., A.M.S., US/M 072 (1 et 2), analyse des lotissements de l'ensemble du quartier ]

N° actuel

CURIOSITÉS

Cité Victorine
15 Bis -
La curieuse " cité Victorine " est un micro-lotissement ouvrier composé de petites maisons et de jardinets, précédés par une villa plus imposante. Construite en 1905 selon une source orale, en 1911 selon une autre, cette cité est l'oeuvre de la famille Poisson, qui possède l'importante mercerie en gros " Poisson-Frères ", qui a donné plusieurs conseillers municipaux conservateurs à la ville de Saumur et un maire à Bagneux.
  Ces logements sont d'ailleurs destinés à des tailleurs à domicile, qui travaillent surtout pour l'Ecole de cavalerie.
 
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