NOM ACTUEL : rue Moc-Baril
 

 QUARTIER : Saint-Hilaire-Saint-Florent
   

   Un nom pittoresque qui mérite quelques recherches.
 Il apparaît souvent dans les actes anciens avec quelques variantes. Notamment " Mocquebary " au XVe siècle ( A.D.M.L., H 2 904 ), puis " Moquebaril " au XVIIIe siècle ( A.D.M.L., H 2 917 ). Il donne son nom au château construit par Ernest Piette en 1878 pour Etienne Bouvet-Ladubay ( notice abondante ) et est inscrit partiellement à l'Inventaire supplémentaire du 26 décembre 1997.

- Célestin Port expliquait " Moc " par " mauvais " et proposait " le mauvais tonneau ". Version que les toponymistes ne retiennent pas.

- La société Besombes, qui a déposé le nom, avance - à tort - que le toponyme remonte au XIXe siècle. Il viendrait de " moc ", le pichet en bois, et de " baril ", le fût. Il s'agirait du surnom d'un tonnelier qui fabriquait des mocs et des barils. Verrier et Onillon attestent de l'existence ancienne de " moque " en angevin, dans le sens de pichet ( cf. le mug britannique ). L'explication est séduisante, mais rencontre une difficulté majeure : on a beau chercher dans les annuaires, on ne voit nulle part un nom de famille français proche de "Mocbaril".

- A l'inverse, les lieux-dits anciens, fleurant bon le terroir et aux formes voisines, sont très nombreux en France. Sur son site, Denis Jeanson en énumère une quantité impressionnante pour le seul Centre-Ouest. Selon lui, il s'agit d'une terre à vigne à faible rendement qui se moque du tonneau. Roger Brunet et Stéphane Gendron partagent cet avis. Ces sobriquets ironiques sont fréquents dans l'ancien monde rural. On trouve aussi de nombreux " Moque-souris ", qui désignent des moulins qui nourrissent mal leurs petits rongeurs. C'est cette explication qu'il faut adopter. Dans le même genre, on trouve non loin, " la Malgagne " ou " le Petit Souper ".

 


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