NOM ACTUEL : r. d'Orléans
 

 QUARTIER : Alsace Pont-Fouchard
   

 Historique

 La rue est l'élément central de la grande percée prévue depuis 1753, mais son aménagement ne commence réellement qu'en 1809, à partir de la rue Beaurepaire. A l'autre extrémité, le rond-point Maupassant est tracé en 1839. Voir le récit de ces premiers travaux à la rue Franklin-Roosevelt.
  On imagine difficilement que cette grande artère située au coeur de la ville ait été réalisée si tard et si lentement. Dans le premier quart du XIXe siècle, elle est surtout bordée par des entreprises de roulage et de messagerie ( à l'entrée droite, les Messageries Gaillard et les Messageries Nationales ). Ici, en-tête des messageries Reneaume en 1841 ; la rue n'est pas encore numérotée.

Messageries Reneaume

Elle devient ensuite un grand centre d'hôtellerie. Au premier carrefour à gauche, se situe l'Ecu de Bretagne, le plus ancien relais de la ville encore ouvert ( remplacé par l'Hôtel des Postes, puis par le C.I.O. ). Plus loin, à droite, est construit le " Grand Hôtel de Londres ", doté d'une cinquantaine de chambres. De l'autre côté, apparaissent l'Hôtel des Voyageurs et l'Hôtel de France.
 Beaucoup de maisons sont bâties aux alentours de 1850 ; les rez-de-chaussée sont en général occupés par des boutiques de prestige. Quelques magasins ont été rénovés et décorés dans le style 1900.

Une avalanche de noms

 - Alors que la voie est encore théorique et marquée par un alignement de poteaux, on l'appelle " rue Neuve du Pont-Fouchard " puis " rue Nationale ".

- 1808 : l'entrée dans Saumur du couple impérial marque le début de la flagornerie ; la rue est baptisée " rue Joséphine ", alors que la place de la Bilange devient place Napoléon.

- 1814 : le duc d'Angoulême, neveu de Louis XVIII et plus tard dauphin de France, vient à Saumur, ce qui entraîne la dénomination de " rue Neuve d'Angoulême " ( ce qui n'est pas une direction ).

- Pendant les Cent-Jours : " rue Mornay " ( Bodin, p. 526 ).

- 1815 : retour à " rue Neuve d'Angoulême ".

- vers 1827-1830 : " rue de Bourbon-Vendée " ( c'est-à-dire de La Roche-sur-Yon ; cette fois c'est une direction ).

- 1831 : tout simplement : " rue Neuve ", bien que dans une lettre au maire, Paul Ratouis ait proposé de l'appeler " rue Maupassant ", en l'honneur d'une famille saumuroise.

- 1838 : " rue d'Orléans ". Ce n'est évidemment pas la direction de l'artère, comme c'est le cas pour son prolongement qui devient la " rue de Bordeaux ". La majorité orléaniste du Conseil municipal lui décerne ce nom officiel, rendant ainsi un hommage appuyé à un personnage vivant, le duc d'Orléans, le fils aîné du roi Louis-Philippe.

- 1848 : " rue de la Liberté ".

- vers 1851 : retour à " rue d'Orléans ", tout en faisant semblant de croire que le nom se réfère à une ville ; par ailleurs, le duc d'Orléans est décédé.

 De guerre lasse, aucune municipalité n'a plus remis en cause cette dénomination, bien que le duc éponyme ne soit pas une incontestable gloire nationale. La dénomination de " rue du Commerce ", à cause du café, apparaît exceptionnellement, mais elle n'est pas officielle.
 

N° actuel

CURIOSITÉS

[ Le numérotage est resté à peu près celui de l'ancienne rue d'Orléans. Les premiers nombres sont dans l'actuelle rue Franklin-Roosevelt ]

38 - Début de la rue souligné par une marquise et un balcon en forte avancée ( la marquise a disparu ).

Angle de la rue Beaurepaire

Librairie Milon, vers 1880

 

 

 

46 - La librairie Milon, puis Robert, puis Gendron, puis Gourdier, digne ancêtre du Val de Loire et de l'Espace culturel Leclerc, est un établissement qui édite également des livres, des gravures et des plans ; il s'étend plus tard dans un bâtiment annexe. L'immeuble, de facture classique, est ci-contre lithographié vers 1880 ( voir Editeurs saumurois ).

 

 


48 - Hôtel de Londres, litho de Jehan Marchant, 1850L'immense hôtel de Londres est construit pour Brossier, qui tenait précédemment l'hôtellerie de l'Ecu de Bretagne et à qui vont succéder Jules Budan ( qui fera bâtir son nouvel hôtel sur la place de la Bilange), puis Sergé. Le célèbre et avare Jean Niveleau prend une part de 10 000 francs dans cet investissement. Le nom choisi peut s'expliquer par le fait que les Britanniques représentaient alors le plus fort contingent de touristes.
 Edifié vers 1837, cet immeuble imposant, grossièrement lithographié par Jehan Marchant, à droite, est longtemps entouré par des maisons basses et par des dépôts de messagerie. Bâtiment et enseigne inchangés depuis 180 ans, c'est le plus ancien hôtel de la ville encore en activité. Seule la porte d'entrée a été refaite dans le goût 1900, et un jardin d'hiver en structure Eiffel a été ajouté à l'arrière.

 

L'hôtel de Londres par Hippolyte Collet


  Le rez-de-chaussée est alors occupé par des salles de restaurant. Après leur fermeture, elles sont remplacées par des boutiques portant malheureusement des numéros variables.

Publicité pour l'Hôtel de Londres

 Cette publicité parue en 1913 témoigne du souci de satisfaire les automobilistes et les photographes amateurs. A Lacote-Nivet, succèdent les familles Lacote et Leseuil.

 

Pub pour Petitdemange

rue d'Orléans, 49

49 - Balcon en fer forgé de style arts déco.

 

 

 

 

54-56 - Dans l'entre-deux-guerres, magasin du tailleur militaire Petitdemange, qui fait la loi en matière de tenues fantaisie. A droite, dessin publicitaire par Le Rallic.

 

 

 

 

50 - Nous arrivons dans le secteur des anciens photographes saumurois, qui ont eu une production abondante, variée et de belle qualité. Au rez-de-chaussée de l'Hôtel de Londres, aujourd'hui salon de coiffure, ancien magasin et atelier du photographe Joseph Toussaint Le Roch, qui exerçait d'abord au bout de la rue et qui a déplacé son activité au n° 50 jusqu'à son décès en 1869. Victor Coué lui succède ; il aménage dans une élégante véranda un studio de prises de vue qui existe toujours. Francis Voelcker, son ancien apprenti, prend sa suite dans les lieux ; équipé d'un appareillage performant, il effectue d'intéressantes séries de clichés jusqu'à son décès en 1905. Successeur : Henri Guionic.

rue d'Orléans, 57 bis

 

 

57 et 57 bis - En 1886, quand il abandonne son studio à Voelcker, Victor Coué s'installe juste en face au n° 57 et se consacre surtout à des portraits jusqu'à sa cessation d'activité en 1912. La maison, construite ou remodelée par V.-P. Brunel en 1911, est décorée dans le style Belle Epoque. La charmante jeune femme, représentée en médaillon au-dessus de l'entrée, serait la fille de Victor Coué. Se succèdent dans les lieux les photographes Maurice David, Eugène Leconte, puis, en 1953, Georges Perrusson.

 

 

 Détails et illustrations dans l'énorme dossier sur les photographes saumurois et sur le site des Archives municipales.

 

61 - Pendant l'Occupation, siège du service d'embauche pour l'Allemagne.

 

87-89, ancien Hôtel de France

 

 

 

87-89 - Ancien hôtel de France, édifié vers 1840 et vite reconverti en appartements. Dans les années 1900, le photographe Louis Hérault s'installe au rez-de-chaussée, au n° 89. Il dispose d'une annéxe à l'arrière, qu'il appelle " l'ancien hôtel d'Anjou ", auquel on accède par la rue de la Grise.

 

 

 

 

 

Rue d'Orléans, 91

91 - Petit hôtel particulier à belvédère central, aux proportions harmonieuses, correspondant aux constructions locales des années 1840.

 
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