NOM ACTUEL : r. des Payens
 

 QUARTIER : Ville close
   

Premières dénominations : rue des Païans, 1603, ( A.D.M.L., H 2 943 ) XVe et XVIe siècle : Basses-Rues et Petite-Basse-Rue

1794-1818 : rue de la Justice, car elle conduit vers la Tour Grenetière et le tribunal installé dans l'actuelle Crèche Chauvet.

1818 : rue des Payens.

Voir : Plan des quartiers anciens
Voir : Généralités sur les Basses-Rues

 L'orthographe " Payens " est nettement plus fréquente dans les documents anciens, c'est pourquoi je la conserve. Voici d'abord deux explications avancées pour cette appellation :
- " Payen " viendrait de " Pagani, les paysans ", qui seraient entrés en ville par cette voie ; en réalité, la rue ne débouchait pas sur la place de l'Arche Dorée ;
- les " Païens " seraient un surnom infligé aux protestants, sobriquet qu'on ne relève nulle part ailleurs ;
       Ces deux explications paraissent indéfendables.
 Au Moyen Age, le surnom de " païen " était donné à des enfants baptisés tardivement, ce que l'opinion jugeait avec sévérité. Ce sobriquet est devenu un nom de famille assez répandu. A Saumur, apparaît en 1239-1241 Geoffroy Payen, bailli d'Anjou et du Maine. De 1457 à 1466, Hugues Payen cumule plusieurs fonctions judiciaires dans la ville.
 Il faut supposer que les Payens possédaient un hôtel familial dans cette rue, ce qui est probable, mais pas prouvé.

 Cette rue était reliée à la rue du Temple par d'étroites venelles, l'une passait par l'actuelle Maison Charles de Foucauld, une autre, la rue de l'Egout, fermée en dépit des protestations des riverains, débouchait à l'actuel n° 7.
 Les divers recensements attestent que cette rue a en permanence été faiblement peuplée.

N° actuel

CURIOSITÉS

Maison Duncan sur carte postaleFaçade de la Maison Duncan vers la rue LecoyAngle de la rue du Puits-Tribouillet et n° 2 - Maison Duncan.
 
 Deux tourelles en briques reposant sur de forts encorbellements en pierre encadraient cet hôtel particulier très caractéristique des maisons saumuroises du XVIe siècle à allure seigneuriale ( une des échauguettes a disparu ).Base de la tour d'escalier, côté cour

 Côté cour, une tourelle contenait jadis une vis de pierre aux baies obstruées ; les moulurations encore visibles sont caractéristiques du XVe siècle et semblables à celles de la Maison du Roi toute proche. Les liens entre les deux hôtels sont évidents.

 La tourelle grimpait très haut ; elle dépasse le faîte du toit sur une carte postale des années 1900, ce qui permet d'avancer que cet hôtel particulier présentait un étage supplémentaire.

 

 

 

 

Maison Duncan, côté cour Au XVIIe siècle, un nouveau corps de logis est adjoint sur le flanc méridional du bâtiment aux tourelles. A gauche, on le voit côté cour, à côté de la tour d'escalier écrétée.

 Ce grand hôtel, à cour réduite, relié à la Porte Neuve et au mur de Ville, appartenait certainement à une famille importante.

 Au XVIIe siècle, il était la propriété de Marc Duncan, gentilhomme écossais, médecin réputé, logicien, professeur à l'Académie protestante et longtemps principal du collège, auteur de plusieurs ouvrages, le plus célèbre étant consacré aux possédées de Loudun. Ce fait est rapporté par une tradition, assez crédible, qui s'est transmise dans la famille Bonnemère, qui devient Bonnemère-Targé et qui possède la maison à la fin du XVIIIe siècle. Cette attribution est déjà citée par J.-Fr. Bodin, p. 387 et note 77.
 C'est ici que naît en 1813 Eugène Bonnemère, avocat, journaliste, adepte du spiritisme, auteur de pièces de théâtre et d'études historiques.
 Au début du XXe siècle, la maison héberge l'imprimerie de Maurice Chevalier.

 

 

Rue des Payens, n° 6

 

4 et 6, 8 et 8 bis - Deux grands hôtels médiévaux, étirés entre la rue et le rempart, dont les façades sur la rue ont été remodelées aux XVIIe et XVIIIe siècles. Sont installés à cet endroit, d'abord les Bonshommes ( les moines ) de Monnais ( un prieuré situé près de Jumelles ). Apparaît ensuite l'abbé d'Asnières ( A.D.M.L., H 2 129 ). Ces maisons de ville des religieux des environs ont été redécoupées selon des processus difficiles à reconstituer.

En 1939-1945, le n° 8, qui appartient à la famille César, est loué par la mairie pour accueillir les services de la Défense passive et, au premier étage, les associations d'aide aux prisonniers.

 

 

10 - Grosse maison, qui appartenait à Marthe Peton, fille du maire et professeur au collège de Jeunes Filles. Des cours y ont été transférés pendant la Seconde Guerre mondiale.

9 - Encore d'inspiration Empire, cet hôtel particulier précédé par deux pavillons a été construit en 1838 pour Jean-Baptiste Cailleau, maire de Saumur de 1830 à 1837.

11 - Jean-Louis-Madeleine Pitatouin de la Coste, un riche propriétaire de Varrains, possédait plusieurs maisons dans le quartier. Le 23 décembre 1807, il en vend une à François Bontemps, ancien religieux fontevriste et général d'Empire. Après le décès de ce dernier, ses héritiers revendent l'hôtel en 1812 à René-François Allain-Targé, procureur, dont nous parlons au moment de l'affaire Berton.

13 - Hôtel de Vallois. Descendant de Jean Vallois, greffier du 13 rue des Payens, armoiries des Valloismesurage à sel en 1571, René Vallois, seigneur de la Noue, devient avocat au Parlement et accède ainsi à la noblesse au début du XVIIIe siècle. Le corps principal de l'hôtel fanilial est achevé en 1731 et les Vallois apposent leurs armoiries au-dessus de l'entrée. A l'arrière, deux ailes en retour sont de construction plus tardive. En 1786 ( A.M.S., CC 10, n° 611 ), l'hôtel est habité par Jacob Vallois, seigneur de Louzy ( dans le nord des Deux-Sèvres ). En 1793, ce dernier quitte la ville lors du départ des Vendéens, en compagnie de Jacques-Pierre Vallois du Bois-Brard. Leurs biens sont placés sous séquestre.
 Plus tard, le docteur Peton habite la maison jusqu'à son décès en 1927.

 

 

18 - Plutôt du XVIIe siècle, mais une lucarne est datée de juillet 1731.

 

 

Extrémité de la rue, dépendances du collège Saint-André et n° 15 - Hôtels du XVIIIe siècle. L'un au moins appartenait aussi à Pitatouin de la Coste, probablement celui qui est situé à l'intérieur de l'enclos du collège Saint-André.

Tour Grenetière - Voir Lieux / Grenetière.

 

Termple protestant ( 1843 )  Après la fermeture de la prison qui prolongeait la tour, une percée est opérée à travers l'ancienne muraille ; quelques petits bâtiments et les anciens préaux sont détruits ( en 1839 ). La rue des Payens débouche enfin vers le sud.

 

 

Temple - Sur le terrain municipal ainsi libéré, sont élevés, d'un côté une nouvelle gendarmerie, de l'autre le temple de l'église réformée, achevé en mai 1843 ( voir histoire du temple ). Charles Joly-Leterme a choisi un style dorique primitif, qui apporte solennité et austérité à ce petit monument. La croix supérieure était à l'origine beaucoup plus haute. A gauche de l'entrée sont scellées les tables de la Loi, provenant du temple de Duplessis-Mornay, qui était bâti une cinquantaine de mètres plus en arrière et plus à gauche.
 

 
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