NOM ACTUEL : PORT-CIGONGNE ( rue du, place du, quai du ) 

 QUARTIER : Offard - Millocheau
   

  Entre la culée de l'ancien pont détruit et le pont Cessart se situaient deux petits ports :

- côté amont, le port de Chalan-Percé, ainsi dénommé parce que des bateaux à fond perforé, servant de viviers, s'y accostaient pour débiter du poisson vivant ;

- du côté du pont Cessart, une autre petite cale est baptisée " port Larron ", puis " port Dardalin ". La rue du Dardalin qui y conduit devient la rue du Bonnet-Rouge sous la Révolution, puis la rue du Port-Cigongne.

 Au numéro 4 actuel de la place se situait la maison de Jean-Etienne Cigongne, qui avait épousé Jeanne Maupassant et était aussi appelé " de Cigongne-Maupassant ". Important négociant en grains, en relation d'affaires et familiales avec Nantes, il utilisait le quai pour ses bateaux de Loire.
 Très estimé à Saumur, Cigongne est élu député du Tiers aux Etats Généraux. Voir le dossier sur les quatre députés de la Sénéchaussée. Maire élu en 1791, puis nommé en 1800, Cigongne refuse cette charge à deux reprises. En l'accompagnant de vifs éloges, la Commission municipale de 1818 donne son nom à la place, à la rue et à la partie aval du quai.

 En 1839, la maison de Cigongne est passée à Dupuis-Perrault, lui-aussi négociant et commandant de la Garde nationale.

Quai du Port-Cigongne Les ports anciens, réduits à d'étroits chemins de rive, ont été abandonnés et sont désormais précédés par de vastes cales-abreuvoirs du XIXe siècle. Les habitants du quartier, ne s'étant pas habitués aux nouvelles dénominations, parlent du " quai du Petit-Marronnier ", par opposition au quai placé plus en amont.

 La rue du Port-Cigongne est une création de la fin du XIXe siècle. Si on la remontait vers la rue Paul-Bert, s'ouvrait à gauche, au n° 3, la rue du Canon; une petite voie ancienne, en forme d'équerre, déjà réduite à une impasse sur un plan dressé vers 1750. Sa dénomination, constante, intrigue. Il ne s'agit pas d'un nom révolutionnaire. Léon Rolle affirmait qu'une " maison du Canon " y existait au XVIIe siècle. L'expression « boire un canon » étant employée dès cette époque, je pense qu'il s'agissait d'un débit de boisson.
 Les bombardements de 1940 et de 1944 ravagent la rue et la maison qui faisait l'angle avec la rue Paul-Bert. Voici les décombres sur deux photos aimablement communiquées par Danielle Rouly ( Lucantis ).

rue du Canon 1, 1944   rue du Canon 2, 1944

 Dans la reconstruction, la rue est fermée et devient la cour et le hangar des Etablissements Lelogeais.

 La rue et la place du " Port-Cigogne " recouvertes par une mince nappe d'eau lors des inondations de 1904. Au fond, la Loire et le pont Cessart.

Photo Voelcker

 

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