NOM ACTUEL : place de la RÉPUBLIQUE
 

 QUARTIER : Ville close
   

Premières dénominations : Longtemps réduit à un quai étroit, resserré entre la Loire et les douves baignant les murailles, cet espace est divisé en trois tronçons :
- de la rue de la Tonnelle à l'Hôtel de Ville, "le quai des Boucheries", car tous les bouchers de Saumur s'y regroupent dans une halle aux viandes, qui est reconstruite en avancée vers 1652. Cependant, en 1656 et en 1738 ( A.M.S., DD 17 ), je relève aussi "le boulevard de la Porte de la Tonnelle" ;
- devant l'Hôtel de Ville s'étend "le quai de la Douve" ( plan de 1768 ) ;
- à l'entrée de l'actuelle rue Molière, les noms se télescopent. Vers 1773, une nouvelle halle aux viandes explique le nom temporaire de "quai de la Boucherie" ( au singulier ), qui devient "le quai de la Comédie" en 1788.
XVIIIe siècle : A partir de 1784, la destruction de l'île du Parc et le comblement du bras de la Poissonnerie permettent la création d'un large quai, perçu désormais comme un espace unique et désigné sous le nom de "place du Boulevard". Cette promotion au rang de place va se maintenir. Voir le plan des travaux urbains au XVIIIe siècle.

1794 : Les cortèges révolutionnaires se regroupent sur "la place de la Réunion", devant l'arbre de la Liberté, qui a été replanté. Ce qui explique " la place de l'Arbre de la Liberté ",  qui apparaît sur les affiches à l'époque du Directoire.
Sous l'Empire réapparaît la désignation de "place de la Poissonnerie".

1818 : "place de l'Hôtel de Ville"
1894 : "place de la République".
 

 

N° actuel

CURIOSITÉS

L'immeuble des Nouvelles Boucheries
 L'espace malsain entre le débouché de la rue de la Tonnelle et l'Hôtel de Ville est débarrassé de ses anciennes bâtisses, les murailles rasées et les douves comblées. Un nouvel ensemble urbain, à façades régulières, est défini en 1818, sur cette élévation dessinée par Duveau, sous les ordres de Charles-Marie Normand :

 A.M.S., M 1 197(12)   L'immeuble aujourd'hui

 En réalité, l'aile droite a été édifiée dès 1817. Pour la partie centrale, un véritable cahier des charges décrit les arcatures, la pierre ( qui doit venir de Saumoussay ), la chaux ( de Brossay ), ainsi que le réseau souterrain des aqueducs. L'ensemble, adjugé en sept lots, est achevé en 1823, mais sa destination a changé ; les bouchers sont désormais autorisés à posséder un étal à leur domicile et un seul s'installe dans le nouveau bâtiment.
 Grandes arcatures sur deux étages, entresol à baies en plein cintre, ce nouveau style local a servi de modèle à plusieurs constructions de prestige des années 1820-1840 ( l'Hôtel du Commandement sur le quai Mayaud, plusieurs maisons dans la rue d'Orléans ).
 Deux siècles plus tard, malgré quelques fantaisies, l'ensemble a conservé sa structure originelle.

Autres éléments remarquables
 L'Hôtel de Ville et le Monument aux Morts sont traités dans des dossiers spéciaux.

 

Photographie de la place vers 1865-1870

Photo 6X9, carte de visite par Joseph-Toussaint Le Roch

 Photographie au format carte de visite par Joseph-Toussaint Le Roch, photographe de l'Ecole Impériale de cavalerie. Le nouvel hôtel de ville, flambant neuf, vient d'être achevé en 1862 ), mais il n'a pas encore son horloge ( 1870 ). Le square surélevé a été arasé, en même temps que l'ancienne salle de spectacle. D'importants baraquements couvrent le quai. Ils hébergent les nombreux stands de la foire d'hiver qui se tient tous les ans à cet endroit. Le petit port devant la mairie est alors fort fréquenté par des gabares manifestement en activité. Le bateau-lavoir est rejeté vers la gauche.

Le square de l'Hôtel de Ville
 Lorsque la première salle de spectacle est achevée en 1788, un mail est créé du côté de l'Hôtel de Ville ; il est fortement surélevé par l'emploi des matériaux provenant de la destruction de l'île du Parc. Il permet d'accéder de plain-pied à la salle et l'actuelle rue Molière se retrouve en fort contrebas. Ce mail est arasé en même temps que la salle de spectacle en 1863.

 Quand le nouveau théâtre de Joly-Leterme est achevé, le Conseil municipal vote la reconstitution d'un petit square, à un niveau plus bas. Sur les cartes postales des années 1900, ce petit jardin apparaît entouré de grilles et ornementé par des conifères un peu écrasants. Cependant, la configuration est plutôt réussie.

place de la République vers 1900

Diénècès mourant aux Thermopyles, par Le Père

 

 

 

 En 1873, le saumurois Charles Beulé, devenu ministre de l'Intérieur, offre à la ville une oeuvre d'Alfred Le Père, grand prix de Rome, figurant Diénécès ( compagnon de Léonidas ) mourant aux Thermopyles. La sculpture vient orner le petit square, s'inscrivant dans l'arcature centrale du théâtre.

 

 

 

 

 Changement de programme : le 1er juillet 1923, la ville inaugure son solennel monument aux Morts, implanté ainsi au coeur de la cité ; Diénécès est exilé au Jardin des Plantes, où il a été maltraité.
 Le square est remplacé par une vaste esplanade permettant les manifestations des Anciens Combattants et des associations patriotiques. La carte postale de droite montre l'ampleur de ce terre-plein, installé à mi-hauteur entre le quai et la rue Molière.

Le monument aux Morts devant le ThéâtreL'esplanade du Monument aux Morte

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Voici maintenant l'ensemble de la place photographiée dans les années 1930 :

L'aménagement de la place de la République dans les années 1930

 Cet aménagement solennel autour du monument aux Morts était plutôt réussi. Il constituait également le premier espace urbain éclairé par de grands lampadaires électriques. Ce qui n'a pas empêché plusieurs remodelages successifs. En 1959, le monument aux Morts est, à grands frais, transféré sur le front de Loire, ce qui accorde un espace bien réduit aux participants des fêtes commémoratives. Il a été écrit que le but de l'opération était de laisser la place aux automobiles, ce qui n'est pas exact, dans une période où la voiture est encore rare. La photo suivante prise vers 1960 montre qu'on ne fait pas grand chose de l'espace ainsi libéré, qui est occupé par des parterres bien maigrichons.

place de la République

Le kiosque à musique

 Le 12 novembre 1892, le Conseil municipal approuve l'installation d'un kiosque à musique dans le square de l'Hôtel de Ville ( A.M.S., 1 D 36 ). Cette pittoresque construction, réalisée par l'entreprise Jouffray, d'Orléans, est placée à l'entrée du jardin, derrière les grilles et devant le portail d'accès à la Mairie. Elle a accueilli de nombreux concerts dominicaux, y compris ceux de l'armée d'occupation allemande. Lors de l'aménagement du terre-plein du monument aux Morts, le kiosque est déplacé un peu plus à l'est, vers le milieu de l'immeuble des boucheries.

 Le Conseil municipal du 5 octobre 1950 constate que ce kiosque aurait besoin d'importantes réparations et, le jugeant sans « intérêt musical ou artistique », il décide sa destruction [ Le maire Clairefond mérite beaucoup d'éloges sur ses talents de bâtisseur, mais pas sur ses goûts artistiques ]. Les matériaux sont vendus pour 60 000 francs à un ferrailleur de Montreuil-Bellay. Disparu en avril 1952, le petit kiosque intéresse toujours les collectionneurs de cartes postales.La déviation sur le quai Certains ont émis le souhait de sa reconstitution...

 

Nouveaux aménagements

 

 Chaque municipalité échafaude des plans concernant cette malheureuse place. Un projet de parking souterrain ( et sans doute inondable ) a pris l'eau. On échappera difficilement à une piétonnisation pharaonique ( qui ne piétonnisera rien, comme dans la rue Saint-Nicolas ).

 Pour l'instant, on a vu l'habile réalisation d'une voie sur berge qui permet de contourner la place, en offrant un indispensable parking, mais en défigurant un magnifique quai du XIXe siècle.

  

 
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