NOM ACTUEL : r. Rigolage
 

 QUARTIER : Violettes Hauts Quartiers
   

  Cette rue récente et pavillonnaire porte le nom d'un ancien principal du Collège municipal de Garçons, qui est en réalité le fondateur du Lycée technique.

 Né le 12 mars 1840, Jules-Emile Rigolage fait de brillantes études, puisqu'il est à la fois agrégé de mathématiques et ingénieur de l'Ecole Centrale. Il se passionne également pour la pensée d'Auguste Comte, sur laquelle il publie plusieurs ouvrages sous le pseudonyme transparent de " Jules Rig ".
 Devenu principal du collège de Garçons le 1er octobre 1881, il déploie une activité exceptionnelle, parfois brouillonne et finalement contestée.
 Il se révèle un chef d'établissement autoritaire, exigeant à l'égard de ses enseignants et inquisitorial dans les rapports qu'il rédige, s'intéressant par exemple à la sexualité de ses surveillants. Cependant, il redonne un dynamisme temporaire à une institution bien somnolente.
 L'enseignement classique l'intéresse peu ; il est un apôtre de l'enseignement professionnel qui se développe à cette époque. Le 4 mars 1884, il ouvre les premiers cours d'une école industrielle, qui est jumelée au collège municipal. Elle prépare les examens d'entrée dans les écoles d'Arts et Métiers et elle forme des mécaniciens de la Marine. De nombreux cours du soir sont ouverts dans des domaines très variés. En apparence, la nouvelle Ecole industrielle marche fort bien.
 Une crise couve cependant, car l'établissement est une affaire privée. Jules Rigolage choisit et rétribue lui-même ses enseignants, mais il utilise des locaux et des machines du domaine public. Il se révèle en outre d'une incroyable pingrerie dans sa gestion privée de l'ensemble de l'internat.
 Cette attitude amène sa rupture avec le docteur Peton, devenu maire de Saumur. Les deux hommes, tous deux républicains anticléricaux et frères en maçonnerie, avaient jusqu'ici entretenu de bons rapports. Mais c'est la guerre ouverte, lorsque Peton décide de mettre en régie municipale la gestion de l'internat. Aux élections municipales de 1896, Rigolage ( qui est inéligible ) monte en sous-main une liste dirigée contre le maire. Il est soutenu par des rescapés du Boulangisme. Peton l'emporte et obtient le renvoi du principal.
 Les bâtiments d'une nouvelle école industrielle en construction sur l'actuelle avenue Peton ( ! ) sont rachetés par la ville. Jules Rigolage prend sa retraite à 56 ans... Il décède à Montreuil-sous-Bois en 1927.

 Etude détaillée et sources dans : Joseph-Henri DENÉCHEAU, « L'impossible Monsieur Rigolage », S.L.S.A.S., 1992, p. 39- 45 ; compléments et illustrations dans Le réveil du collège.

 
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