NOM ACTUEL : r. Seigneur
 

 QUARTIER : Nantilly
   

Premières dénominations : un ruisseau reliait le Thouet aux douves entourant les murailles de la ville ; il est appelé " la Boire Haran " en 1632 ( A.M.S., I D 1 ). Ce nom apparaît pour la dernière fois en 1696, car le petit cours d'eau est progressivement asséché, envahi par les eaux seulement lors des grandes crues. XVIIe-XVIIIe siècle : le chemin rural qui le remplace porte des noms variables, notamment " rue des Boires de Pocé à l'Arche du Mouton ", car l'extrémité nord fait partie du fief dépendant du seigneur de Pocé, à l'autre extrémité, l'actuelle rue de Nantilly enjambait le ruisseau par un petit pont.
 Un plan dressé vers 1769 ( A.M.S., DD 20, n° 37 ) lui accorde deux noms : " rue des Basses-Douves " et " rue de la Morinière ", car c'était le nom du pâté de maisons donnant sur la place de l'Arche-Dorée et resserrant la rue du Petit-Mail.
 A la même époque, apparaît encore " le bas chemin appelé les Boires ". C'est le nom qui est officialisé sur le cadastre de 1812 sous la forme de " rue des Boires ".
 En 1903 décède brusquement à 40 ans le docteur Benjamin Seigneur, chirurgien de l'Hôpital, époux de Camille Hoyer, la belle-fille du docteur Allix. Cette voie au nom banal lui est aussitôt dédiée.  

 La rue déjà construite à ses deux extrémités est rectifiée et remblayée au milieu du XIXe siècle, notamment par un atelier national fonctionnant en 1848.

N° actuel

CURIOSITÉS

Côté impair

- Vers l'entrée de la rue se situait le gymnase de l'Union Athlétique Saumuroise ; il est détruit par des obus allemands le 19 juin 1940 et depuis remplacé par l'école maternelle de l'Arche Dorée.

- La seconde moitié de la rue était occupée par des jardins dépendant de l'Hôtel-Dieu, dont l'entrée donnait sur la rue Pascal. Un des projets de construction de l'Hospice Général prévoyait de couper la rue des Boires et d'étendre le nouvel établissement jusqu'à la rue de la Chouetterie ( soit un hôpital immense et fort bien situé ). Pour compléments, voir Gino BLANDIN, Histoire du Centre Hospitalier de Saumur, 1996, p. 127-133 ) et un récit détaillé sur les hôpitaux au XIXe siècle.

Extrait d'une photo aérienne des années 1990Entrée de l'Hôpital général sur la rue Seigneur

 

 

 

 

 

 Finalement, les dimensions sont réduites, le mur de clôture et l'entrée étant fixés sur la rue des Boires, mais l'établissement est polyvalent, à la fois hôpital civil, avec un secteur de chirurgie, hôpital militaire et hospice pour les vieillards.
 L'architecte Charles Joly-Leterme le construit de 1865 à 1869 en suivant le plan imposé pour les grands hôpitaux du temps : une cour centrale en U est flanquée de chaque côté par deux ailes parallèles, primitivement à deux étages.Intérieur de la chapelle

 Au coeur de l'ensemble, il place une chapelle, dont l'extérieur est banal, mais dont les voûtes sont dans le parfait style Plantagenêt, qui a les préférences de l'architecte. Les sculpteurs peuvent donner libre cours à leur fantaisie sur les chapiteaux.Chapiteau sur un portail létéral de la Chapelle

 

 

 

 

 

 

 

  Joly-Leterme donne à l'ensemble une harmonieuse régularité par le rythme des contreforts plats et par le jeu des lignes horizontales des bandeaux et des Une aile de l'hôpital général après sa rénovation, puis son abandoncorniches.

 

 L'aile ci-contre résulte d'un réaménagement des locaux sur trois étages.

 

 

 A la suite de nouvelles constructions, les dernières fonctions hospitalières sont abandonnées en 1997.

 

 

 

Côté pairHôtel Hurault des Varannes, côté jardin

4 - Façade sur jardin de l'hôtel Hurault des Varannes, du début du XIXe siècle ( voir rue de la Chouetterie n° 1 ).

 

 

N° 6 Beaucoup de maisons de la rue Seigneur remontent aux environs de 1900. Quelques unes s'éloignent de la tradition locale et reprennent résolument les codes de l'art nouveau, ce qui constitue une des curiosités du quartier.

 

 

6 - La forme des arcades surmontant les ouvertures est caractéristique de l'art nouveau, de même que le pignon central. Maison Foucher réalisée par Henry Jamard.

 

 

 

rue Seigneur, n° 10 et 10 bis

 

 

10 et 10 bis - Maisons jumelles, oeuvres non datées de l'architecte Henry Jamard et de l'entrepreneur Thomas. Guirlandes caractéristiques et fleurs stylisées des balcons. Le curieux faisceau de licteur qui sépare les deux maisons rappelle les décors des palais nationaux parisiens.

 

 

Maison de 1911 à l'angle de la rue Coulon

 

 

Angle des rues Seigneur et Coulon - Maison Choyer, la plus originale du quartier, signée " Henry Jamard, Thomas entrepreneur, 1911 ". Le style art nouveau des baies et des lucarnes se mélange à des réminiscences médiévales. La porte d'entrée est surmontée par une sorte de bretèche. Dans l'angle, toujours délicat à traiter, une surprenante colonne romane soutient une échauguette. A l'arrière, côté jardin, la brique apparaît.


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