NOM ACTUEL : pl. Saint-Michel
 

 QUARTIER : Fenet
   

Premières dénominations : port Saint-Michel XVIIe-XVIIIe siècle : parfois, " Balotte de Fenet ", en raison d'un jeu de paume en plein air aménagé le long de la muraille jusqu'à la porte.

1794-1818 : place Michel

1818-1905 : place Saint-Michel.
1905 : place Vauban ; ce nouveau nom officiel, peu appliqué, a disparu.
 

 Tout le quartier était dédié à saint Michel : le port, le quai, la tour, deux rues. Pourquoi cette appellation ? L'existence d'une chapelle dédiée à l'archange est parfois évoquée, mais nullement prouvée ; aucun texte ancien n'en parle. Saint Michel n'a aucun rapport avec la navigation, mais il est le patron des soldats, qui étaient nombreux dans le quartier, descendant du château par la montée du Petit-Genève.

 La place est longtemps un espace minuscule, simple terre-plein prolongeant le port Saint-Michel ( parfois appelé " le port Bluineau ", un nom de famille ). La carte postale ci-dessous montre les maisons centrales, abattues depuis. Au milieu de ce pâté de maisons se faufilait la " Petite-rue Saint-Michel ".

La place Saint-Michel vers 1920

N° actuel

CURIOSITÉS

 Le côté oriental de la place n'a guère changé depuis deux siècles.
2 - Le petit oratoire décoré d'une statuette marque l'emplacement de l'hôtellerie Saint-Michel, qui disposait d'une vaste cour à l'arrière.


La tour du Papegault vue du quai5 - La tour du Papegault est construite en forte avancée sur les anciens fossés. Couverte par deux voûtes de pierre, cette solide construction de la fin du XVe siècle, épaisse de trois mètres à la base, assure la surveillance de l'angle N. E. de l'enceinte urbaine et peut battre les douves. Voir le dossier sur la reprise des fortifications urbaines au XVe siècle. Faut-il la préférer sur la carte postale ci-dessus, envahie par le lierre, mais conservant encore ses mâchicoulis ( déjà dessinés par Turner ) ou dans son état actuel, restaurée de façon voyante et bâclée ? Rappelons en outre que sur la gravure de Collignon et Lincler, la tour est recoucerte par un toit en poivrière.
 Sa dénomination n'est pas bien stable. Je relève " tour des Cordeliers " ( 1618 ), " tour de la Ballote " ( 1619 ), " tour Saint-Michel ", " tour de l'Oyseau ", " tour du Papegeai ". La forme " Papegault " est la plus usuelle. Elle s'explique par la présence d'un perroquet ( " papagayo " en espagnol ) fiché au sommet de la tour. L'oiseau servait de cible lors des concours de tir organisés pour la milice bourgeoise au mois de mai, « aveq le mousquet et la mèche, come autrefois on faisoit aveq l'arc de l'arbaleste. Celuy qui abat cet oiseau fait d'une racine de bois fort dur, couvert d'une cuirasse de fer battu à froid et épais d'un doyt, avoit autrefois de beaux privilèges » ( F. Bernard de Haumont ). Le principal privilège était une exemption des impôts pour l'année.

Voûte de la salle inférieure L'entrée actuelle est récente ; l'accès ancien s'opérait par un étroit passage aménagé dans une avancée de la muraille.

 

 La solide voûte hémisphérique de la salle inférieure est capable de porter de l'artillerie ( à gauche ).

 

Salle du premier étage

 

 

 La salle du premier étage, plus élevée, à la voûte ovoïde, présente de belles proportions. Le bombement arrondi, à gauche, correspond à la vis de l'escalier d'accès. La vaste cheminée a pour fonction de réchauffer les hommes du guet ( ce service contraignant est longtemps dû par les bourgeois de la ville, qui ont un long circuit à parcourir ).

 A travers une canonnière ébrasée et munie d'une butée, l'artillerie peut battre les fossés. Dans un inventaire dressé en novembre 1589, la tour contient « une pièce de fonte montée sur ung chevallet ».

Canonnière du premier étage

 

 

 

 

 

 

 
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