NOM ACTUEL : r. du Temple
 

 QUARTIER : Ville close
   

Premières dénominations : Grande Basse Rue, nom encore porté sur le plan de Prieur Duperray.
Inscriptions rue du Temple
Restes de nomenclature à l'angle de la rue Lecoy. La " rue de la Conciliation ", gravée par Pierre Bernier en 1794, reste bien lisible. Le nom martelé au-dessous est probablement " rue du Temple ", compte tenu de sa longueur. Quelques traces de l'inscription officielle peinte  sur fond jaune en 1838.
  XVIIe-XVIIIe siècle : parfois, " rue du Jeu de Paume " ( 1686 ) et aussi " rue du Battoir ", la raquette du jeu de paume. Il existait en effet un important jeu de paume près de l'actuelle rue du Prêche.
 L'extrémité septentrionale de la rue, partant de la rue du Paradis et englobant parfois l'actuelle rue Lecoy, est assez souvent appelée " rue du Grenier à sel " ( 1622, Nantes, coll. Dugast-Matifeux, n° 86 et recensement de 1790 ). Sans doute en raison du siège du Grenier à sel implanté dans l'actuelle rue Lecoy.

1794-1818 : rue de la Conciliation et, pour la rue du Grenier à Sel, rue Epurée ( à l'époque de la Terreur ).

1818 : officialisation du nom spontané de " rue du Temple ", car la rue menait depuis le centre-ville au temple construit sous Duplessis-Mornay.

 Voir le Plan des Quartiers anciens

 Les Basses Rues

 Nom englobant les rues du Temple, des Payens et les voies adjacentes et attesté en 1406 ( A.D.M.L., H 2 129 ). Cette appellation marque une relative dépendance de ce quartier par rapport à la Grande-Rue : il est bâti plus récemment et il en est tributaire pour sa desserte ( la rue des Payens est obstruée dans son prolongement vers le sud et je ne suis pas certain que la rue du Puits-Tribouillet ait toujours été ouverte ). Ce réseau de voies forme une sorte de circuit clos. La rue du Temple épouse la courbure de la Grande-Rue, qui résulte de la forme du mur du Boile.
 Au cours des XVe et XVIe siècles, les rues s'individualisent, la rue du Temple actuelle devenant la Grande Basse Rue et la rue des Payens la Petite Basse Rue.
 C'est aussi à cette époque que des notables, hommes de loi, officiers de finances, abbés et prieurs, y édifient des hôtels particuliers, élégants, mais en général de dimensions modestes ( cours étroites, souvent deux étages ). Aucun indice de la présence de métiers manuels, ni dans les noms de rues, ni dans les recensements. C'est l'un des quartiers chics de la ville ancienne, en concurrence avec les bords de Loire ( rue de la Petite-Bilange, quais ), où s'installent de préférence les négociants.
 Identifier les occupants successifs de ces demeures est chose malaisée, car les actes notariés sont imprécis et les premiers numérotages aberrants. Comment désigner ces hôtels ? Par la famille qui l'a possédé longtemps ou par le personnage le plus connu qui l'a habité ?Secteur sauvegardé


 Beaucoup de maisons étaient en décrépitude au sortir de la Seconde Guerre mondiale. A partir de 1964, dans le cadre du " secteur sauvegardé ", de nombreux hôtels sont restaurés et, désormais, habités par une population d'un niveau social plutôt privilégié.

 

 Sur cet extrait d'un plan d'ensemble orienté vers le sud :
- la partie en vert foncé, au pied du château et sur une partie de la rue Haute-Saint-Pierre, a été " rénovée ", c'est-à-dire rasée et reconstruite d'une manière contestable ;
- la partie hachurée en vert, le long de la Grande-Rue jusqu'à la rue du Temple et l'îlot près de l'église Saint-Pierre, était classée en zone opérationnelle, c'est-à-dire en zone de réhabilitation obligatoire et effectivement opérée ;
- les quartiers en rouge, le long de la rue des Payens, correspondent à des zones de restauration subventionnée et en partie effectuée.

 


N° actuel

CURIOSITÉS

2 - Etroit  passage correspondant au flanc sud de l'ancienne rue du Paradis, qui zigzaguait dans le quartier et débordait un peu par rapport au tracé de l'actuelle rue Dacier.

3 - Façade moderne, vestiges du XVe siècle à l'arrière.

5 - XVIIIe siècle, à baies refaites.

6 - Sur la cour des vestiges de quatre siècles différents.

7 - Enorme immeuble à trois étages, remodelé au XIXe siècle.


12 - Daté de 1770 sur la lucarne ; des parties plus anciennes à l'arrière.


Escalier renaissant du 11 rue du Temple


11 - Vaste ensemble de plusieurs corps de logis remontant au XVe siècle, présentant une tour d'escalier Renaissance ( à gauche, au milieu ), contenant un grand escalier en vis ( ci-dessous ) et des façades XVIIe et XVIIIe ; des cabinets particuliers sont aménagés dans la tour barlongue qui déborde sur la rue.
Escalier en vis , 11 rue du Temple

rue du Temple, 11

 

  L'historique de ce vaste ensemble est mal établi. Au temps de Bodin, on avait observé la devise " Libertas " gravée au-dessus de l'entrée et l'on avait attribué cette demeure à Louis Cappel, professeur d'hébreu à l'Académie Protestante. Cependant, le seul papier de famille concernant ce personnage célèbre ( A.D.M.L., E 1893 ) incite à la méfiance : en 1619, Cappel du Tilloy achète au marchand Guillaume Eturmy une maison comportant trois chambres, située rue de la Maison Commune ( rue Bonnemère ou rue du Marché ) ; en outre, Cappel est déclaré résider sur la paroisse de Saint-Pierre ( or, nous sommes ici sur la paroisse de Nantilly ).
 Le plan de Prieur-Duperray attribue l'hôtel à Chesnon de Sourdé, juge criminel à la Sénéchaussée, qui l'avait acheté à l'abbé Mocet. D'autres occupants sont à signaler, peut-être dans des dépendances : Madame de Boylesve, née Maillé, à l'époque de Bodin ; le général commandant l'Ecole de cavalerie en 1846, pour peu de temps ; le notaire Denis Jouanne, qui par sa fille Flavie la fait passer dans la famille Ducamp.
 La Chambre de Commerce s'y implante de 1904 à 1925, et elle place un décor de bourses sur le portail d'entrée.




Rue du Temple, n° 13 et 11

rue du Temple, 13, vue après restauration

 

13 et angle de la rue Traversière - Elégant hôtel à tourelles décoratives surmontées de poivrières ( XVIe siècle ). Escalier à l'arrière. Le second corps de logis et les ouvertures ont été remodelés au XVII ème. Les armoiries sur la lucarne résultent d'une restauration récente.
  Cet hôtel a appartenu au XVIIIe siècle à la famille Dutertre-Desroches, puis au procureur Clément, qui l'a acheté en 1784. En 1922, à Madame Renou-Cochin, qui le fait inscrire à l'inventaire ; puis à Raoul Dubois, expert foncier, qui fait graver ses armes sur la lucarne.

 

 


 


15 - En arrière de la rue, tourelle d'escalier et logis ( XVe-XVIe siècles ). Hôtel de la famille de Faÿ ( la famille écrit de Fay ), puis Sourdeau de Beauregard, confisqué à l'époque révolutionnaire. Pendant la Révolution, maison d'arrêt pour suspects, en liaison par une cour, avec l'hôtel de Boisayrault ( qui donnait sur la Grande-Rue ).





19 - Derrière un portail solennel, la maison a accueilli la pension dirigée par Jean-Baptiste Coulon et, pendant un temps, la loge maçonnique " la Persévérance ".


 

Portail 20 rue du Temple
rue du Temple, 20, presbytère

 


20 - L'ancienne rue de l'Egout est fermée et son accès barré par un beau portail. Dans l'ancien passage, divers logis, dont l'un, très élancé et récemment restauré, remonte au XVe-XVIe siècle. A partir de 1892, résidence des Petites Soeurs de Saint-François, qui soignent les malades à domicile et des blessés en 14-18. Ensuite maison du docteur Louis Boivin et de sa fille, Marguerite, dite Guite. Depuis 2003, maison paroissiale Charles-de-Foucauld.

 

 

 




Milieu de la rue du Temple


 

 Cette ancienne carte postale montre le charme de la rue, il y a un siècle.













23 et 23 bis - Maison ancienne à grand pignon et retouchée à plusieurs époques. Achetée par le docteur Emile Allix, puis transmise à Benjamin et à Paul Seigneur. Une cave d'époque gothique.


 

24 - Hôtel du XVIIe siècle. A servi de prison de femmes à l'époque révolutionnaire.

 

 

rue du temple, 25, hôtel Weygand

 

25 - Hôtel Weygand - D'anciens corps de logis du XVII ème sont réunis au siècle suivant autour d'une vaste cour intérieure. Maxime Weygand, alors chef d'escadrons, y réside en 1910-1912 et y donne de grandes réceptions. D'où le nom récent de cet hôtel. Ensuite, siège de la recette des Finances, avant son transfert rue du Portail-Louis vers 1972-1973.


 

 


-   Sur la cour, débouché d'une ancienne voie fermée, la rue du Baccon, c'est-à-dire du Jambon.



29 - Hôtel Hudault de La Haye, ( 1768-1845 ), notaire à Chouzé et maire de cette ville de 1801 à 1812. Armand-François Hudault de La Haye, installé à Saumur, est devenu juge de paix et a remodelé cet hôtel particulier.

Hôtel Hudault de La Haye

 Gildard Guillaume me communique les éléments suivants sur cette demeure : pour réaliser le logis principal ( à gauche ), Hudault de La Haye a réuni en 1826 deux bâtiments du 18e siècle, séparés primitivement par une cour ; le bâtiment des communs ( à droite ) remonte au 17e siècle, sur des bases plus anciennes pouvant remonter au 15e siècle ; il faisait partie à l'origine d'un autre hôtel particulier formant un plan en U et ouvrant sur la Grande-Rue. La jonction entre le logis principal et le bâtiment des communs est probablement du 20e siècle.



 

rue du Temple, 34

Famille posant devant l'hôtel de Brissac

34 - Hôtel de Brissac - Vaste hôtel au style classique d'une grande froideur, orné seulement par quatre chapiteaux ioniques, et remontant au début du XIXe siècle.
 Anne Marie Timoléon François de Cossé, 11e duc de Brissac, y vit à l'époque de la dernière Guerre mondiale, en compagnie d'une suite nombreuse, dont un maître d'équitation britannique, car il anime plusieurs sociétés de courses hippiques ( né à Paris le 12 février 1868 - décédé à Saumur le 17 février 1944 ).
 A partir de 1958, hôtel occupé par les services du Cadastre et des Hypothèques
( d'après un courriel de Jérôme Letheuil ). En 1975, devient le siège de l'O.P.H.L.M., qui, devenu " Saumur-Habitat ", le quitte en mars 2014 pour s'installer sur le boulevard Delessert et y aménage douze logements.

 Une petite famille, non identifiée, pose fièrement devant l'hôtel.

 
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