NOM ACTUEL : r. de la Tonnelle
 

 QUARTIER : Ville close
   

Deux premières dénominations en concurrence :
- rue de la Tonnelle en 1387-1388 ( A.N., P. 1334/1 )
- " le pavé par où l'on va de l'église Saint-Pierre au Portail Hardouin  " ( 1575 ).
XVIIe-XVIIIe siècle : 
" rue de la Tonnelle " devient le nom définitif.

1794-1818 : rue de la Fraternité, du nom de la section de la ville dont elle est l'artère principale.

Depuis 1818 : rue de la Tonnelle 

 Explication des noms

+ Le Portail Hardouin
  En 1248, Hardouin V de Maillé est le seigneur de l'île de la Saunerie. Ses descendants maintiennent leurs droits, jusqu'aux Maillé-Brézé, qui les abandonnent contre indemnité. Un portail Hardouin, situé primitivement au nord de l'île, surveille le débouché du grand pont. Cette défense est disparue au XVIe siècle et son nom se confond désormais avec la porte de la Tonnelle.

+ La Tonnelle - trois hypothèses :
- Le commandant Rolle expliquait cette désignation par des arceaux de verdure donnant de l'ombrage à chaque bout de la rue. Je n'ai nulle part trouvé trace de l'existence de cette tonnelle.
- Tonnelle = tonnellerie. En raison de la proximité du port au bois, qui importait les merrains nécessaires, les tonneliers étaient effectivement nombreux dans ce quartier, mais il faudrait qu'apparaisse en doublet l'appellation de " rue des Tonneliers " pour étayer cette hypothèse.
- Sur un unique document du XVe siècle, j'ai déchiffré plutôt " rue de la Tournelle ". Construite avec l'enceinte urbaine achevée avant 1364, la porte donnant sur une douve, puis sur le bras de la Poissonnerie, était bien une tournelle, c'est-à-dire, un petit châtelet surveillant l'entrée principale de la vieille ville et renforcée à l'arrière par une tour servant de prison. Cette hypothèse du passage de "tournelle" à "tonnelle" est phonétiquement recevable et me semble la plus séduisante.

N° actuel

CURIOSITÉS

16, rue de la Tonnelle 

 Située sur le plus ancien passage de la ville, cette rue a sûrement été habitée dès le haut Moyen Age. Dans les cours apparaissent de fréquents vestiges des XIVe-XVIe siècles, et la façade sur la rue ci-contre présente des souvenirs renaissants.

 Pour l'essentiel, la voie actuelle, au tracé à peu près régularisé, s'est structurée aux alentours de 1770. Cette année correspond à l'ouverture du pont Cessart et à l'abandon progressif de l'ancienne traversée. Dès le 1er juin 1768, 36 commerçants de la rue de la Tonnelle adressent une supplique à l'intendant de Tours, affirmant qu'ils voient leurs affaires décliner. En réalité, la rue est restée fort achalandée et elle est remodelée à cette époque.A.M.S., DD 19

 La porte de la Tonnelle est abattue en 1774. Sur le plan à gauche, figurant le carrefour avec la rue de la Cocasserie, l'ancien châtelet, qui étranglait la rue, est représenté en grisé et en orange ; en rouge est figuré le plan des nouvelles maisons prévues.

 Les services de l'Intendance de Tours surveillent ces travaux et fixent un nouvel alignement des façades ( Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C 720 ).

 

5, rue de la Tonnelle

 

 Située en avant de la porte, du côté amont, la grosse hôtellerie de l'Epée royale survit jusqu'au début du XIXe siècle, puis laisse la place à l'hôtel du Belvédère, dont on voit, sur le côté gauche, le prolongement sur la rue de la Tonnelle. Sur le côté droit, apparaît l'immeuble construit sur l'emplacement de la porte. Au milieu se glisse une étroite maison au style hétéroclite, faisant transition entre les deux périodes.

 

 

Angle de la place Saint-Pierre et de la rue de la Tonnelle

 

 

 

 A l'autre extrémité de la rue, une sorte de bec de canard obstruait son accès à la place Saint-Pierre. Des plans de 1768 et 1774 proposent l'élargissement de la rue et la reconstruction en angle d'une petite maison très étroite ( A.D.M.L., S.C. n° 3 401 ).


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